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Théâtre

Théâtre populaire romand TPR

EN FINIR!

Beau-Site - La Chaux-de-Fonds
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Chaque année, La Manufacture — Haute école des arts de la scène propose un spectacle de sortie des comédien·nes de sa formation Bachelor Théâtre. Ce travail clôt trois ans de formation exhaustive de la Promotion L et fait le lien avec les réalités du métier. Il permet également au public de découvrir de nouveaux talents, ainsi qu’une création originale réalisée selon les critères exigeants en vigueur dans le milieu romand.


L’écrivain Édouard Louis travaille avec la promotion L depuis leur entrée à La Manufacture en 2019. Pour terminer ce cycle de travail, il a accepté une réinterprétation de son premier roman, évènement littéraire traduit dans le monde entier : En finir avec Eddy Bellegueule.


De quoi parle la pièce ? C’est l’histoire d’Eddy Bellegueule. L’histoire d’un monde ouvrier, délaissé, pauvre, d’un monde si peu représenté dans la littérature et au théâtre, et celle d’un garçon à la marge. Eddy est très tôt attiré par les garçons et rejeté par son entourage. C’est l’histoire des tentatives désespérées d’Eddy pour fuir cette condition et pour inventer sa propre liberté.


Note d’intention de Daria Deflorian


L’arc narratif de ce travail chemine entre deux noms : Eddy Bellegueule et Édouard Louis. De celui choisi par le père, avec un prénom “de séries américaines télévisées” à celui ardemment désiré par le jeune écrivain qui, à l’âge de vingt ans environ, saisit la justice pour changer de prénom et de nom. Cet arc narratif n’est pas une trame mais un enchaînement de faits et de réflexions sur les faits. 
Nous pourrions appeler cela un poème de la transformation. En effet, son changement de nom est seulement le geste le plus symbolique parmi les nombreux autres que le très jeune Eddy/Édouard accomplit pour échapper aux injures, aux harcèlements, à la violence subis depuis son plus jeune âge. 
Sa transformation revêt souvent l’aspect d’un exercice de théâtre et ce parallèle est l’un des points d’articulation du projet artistique. Après avoir fui le village dont il est originaire, le jeune Eddy s’impose à lui-même un travail assidu pour changer : il apprend une nouvelle façon de rire, de prononcer les mots, de marcher, de s’habiller, il change sa couleur de cheveux. Il apprend à avoir des pensées qui diffèrent des siennes, il apprend de nouveaux comportements et attitudes. C’est ce qu’on fait dans les écoles de théâtre, ou directement en travaillant sur scène : comment me diriger vers le personnage que je veux atteindre ? Comment dois-je faire pour aller vers “un autre” qui se superpose à mon identité ? Quelles osmoses s’interposent à chaque instant entre ce que je suis et ce vers quoi je tends ? Pour le jeune Eddy/Édouard tout cela advient avec labeur, effort, violence (“une belle violence, celle de l’arrachement” comme il la définit lui-même) mais le but n’est pas de monter sur scène, il le fait pour bousculer, changer sa vie. 


Ce jeune homme, qui a passé des années alors qu’il était enfant à s’interviewer devant la glace pour sentir qu’il existait dans En finir, est traversé par toute l’équipe de comédien·nes : chaque performeur·euse présent sur scène est lui. Et en même temps, chacun reste lui-même. Une multiplication d’identités du protagoniste qui donne vie à une multiplicité de personnages sur scène. Les autres personnages – les parents, les frères et sœurs, les camarades de classe, les ami·es, les amants – sont des traces fugitives de ce voyage forcené vers un salut qui semble se déplacer toujours un peu plus loin, comme l’horizon. 
Nous mettons fin à cette course en bouclant une boucle : après l’obtention de son nouveau nom, le jeune homme publie son premier livre emprunt dans son titre-même des noms rejetés. Édouard parvient à laisser derrière lui – mais heureusement pas totalement – Eddy en le transformant grâce à la littérature en un personnage, “Les rues autour de moi se déformaient à cause des larmes dans mes yeux et en silence, sous ma peau, j’ai dit Adieu au passé”.




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